agir 

"La co-création d'une commission écologique (Green team) nous à permis à l'ONL d'aborder certains des sujets évoqués dans cette tribune avec la direction et également de commencer à réduire notre impact écologique au sein de l'auditorium. Plus le nombre de personnes se sentant concernés par notre impact écologique et conscients de la nécessité de le réduire sera important, plus facile seront les négociations avec les programmateurs, artistes, directions, etc. C'est pourquoi cette pétition est très importante, merci ! L'élaboration d'une charte commune à tous les orchestres permanent me paraît également cruciale. 

Nans Moreau

"[...] Pour ma part, j’essaye dorénavant de dire ce que je fais de juste pour la planète. Par exemple, dire dans une interview que je refuse tel concert aux Etats-Unis car je trouve déraisonnable de traverser l’atlantique pour un seul concert.

En faisant cela, il ne s’agit pas de se mettre soi-même en avant ou au-dessus des autres. Mais au contraire d’éveiller peut-être une conscience collective. Et ainsi, pas à pas, changer nos façons de vivre la carrière de musicien. Ne plus vouloir forcément chanter/ jouer dans le monde entier, mais concentrer notre carrière dans les pays plus proches d'où on vit, par exemple. Et puis lorsque nous prenons l’avion, trouver une organisation via laquelle nous replantons des arbres.

Ce sont des gestes simples mais qui demandent de s’impliquer et de faire quelques recherches, de sortir du conformisme qui est de voyager toujours plus, de gagner toujours plus, sans jamais se poser des questions.

Être écolo comme on dit, c’est à son échelle être un citoyen qui se considère sur cette planète non pas comme un maître absolu, mais comme un être vivant parmi tant d’autres. Pourquoi notre manière d’être vivant, nous homo sapiens, devrait-elle détruire la planète et les autres formes de vie?

Écoutons les oiseaux, ne mettons plus les animaux et les végétaux dans un seul « tas », dans le tas « nature » comme s’ils étaient là comme décor. Mais au contraire donnons leur l’importance qu’ils ont. Et c’est seulement quand nous ouvrons véritablement nos yeux et nos oreilles que nous réalisons que nous ne savons malheureusement plus grand chose du monde qui nous entoure. Mais il ne tient qu’à nous, artistes, d’inspirer avec nos instruments, nos voix, les êtres autour de nous. Et pourquoi pas, essayer par le biais de notre art, d’éveiller la conscience écologique. L’écologie n’est pas un label de « bien-pensance » mais une éthique de vie. Et comment faire de la musique sans éthique au fond ?

Je conseille vivement de lire Manières d’être vivant de Baptiste Morizot, et Le bug humain de Sebastien Bohler."

 

Elsa Dreisig

"[...] Pour moi, c’est toute une économie des représentations qui est à questionner. Nous, les artistes, fonctionnons encore avec la vision qu’une carrière réussie c’est une carrière internationale, qui se complaît dans la suractivité. Cette suractivité n’est pas nocive culturellement, mais elle l’est écologiquement. Il y a plein de fonctionnements à repenser. Moi, je ne peux plus avoir ce réflexe de dire oui à un projet qui implique que je prenne l’avion. Je dis « je ne peux pas arriver avant telle heure avec mon train » et si ce n’est pas possible de s’adapter à cela et bien tant pis. Je ferai autre chose, je lirai un livre !"

Nicolas Simon

"J’ai abordé avec la Direction de mon orchestre la question de l'écologie (notamment après une tournée lointaine l'an dernier, inintéressante artistiquement selon de nombreux musiciens et désastreuse du point de vue du bilan carbone, bilan carbone calculé le plus fidèlement possible par un musicien et qui, vous vous en doutez, n'a pas manqué de faire réagir, notamment par exemple le syndicat, sans doute par crainte de voir l'activité de l'orchestre réduite avec cet argument). La Direction, de son côté n'a pas semblé vouloir se positionner en tant que pionnière en ce domaine dans un premier temps, avant de désormais faire de cette cause écologique un argument pour justifier des décisions semblant avoir peu de lien... soit exactement ce que craignait le syndicat... désespérant...
A titre personnel, j'ai réalisé une carte isotrope permettant de visualiser la "distance calculée en heures de train" depuis notre ville de départ, ce qui je pense permet de donner une certaine idée de parcours de tournée à mettre en place peut-être dans le futur ? Et j'essaye de relancer le sujet régulièrement, histoire qu'il entre dans l'esprit collectif..."

Un musicien d'orchestre

"[...]Peut être qu’une « charte » des salles de concerts, orchestres, ensembles sur la manière de se transporter, de se nourrir en tournée pourrait être signée, avec un label à la clé…"

Rémi Delangle

"En cherchant à proposer une transmission différente de la musique de l’artiste au public [à travers le label Andiamo Productions], une relation peut être plus saine ; cela passe par un assainissement de toutes les étapes (pochette de disque recyclées sans plastique ni emballage, transports, déchets pendant les sessions d’enregistrement, partage  ...). Chaque pas dans ce sens sera aussi un pas vers le respect de la nature, et un pas vers un travail avec elle.

Sylvain Chiesa

"[...] Mes idées :

Privilégier les projets à petite échelle

Développer au sein de l'établissement le tri des de déchets

Défendre le statut des enseignants pour que chacun ait accès à un emploi stable, lui permettant de faire des choix conscients, sans être contraint de courir après des heures ou des cachets à l'autre bout du département pour boucler ses fins de mois

Défendre encore et toujours l'accès à la musique au plus grand nombre, comme lien social privilégié

 

Perrine Delecour

"[...]Je pense qu'il est très important de contribuer à un nouvel imaginaire. Créer de nouveaux répertoires, de nouveaux rapports au public, qui intègrent nos questionnement. En tant qu'auteur-compositrice je cherche des formes de chanson qui alimenteraient la partie la plus résiliente de notre bulbe cérébral... Je me suis inspirée pour ça du maloya, musique post-traumatique, née pendant l'esclavage et la colonisation. L'art est résilient par essence, à condition qu'on ne le réduise pas à une matière scolaire ou académique, mais qu'on s'en serve concrètement comme d'un révélateur de nos interrogations présentes. Et vive le Collectif aussi pour se questionner!"

Marjolaine Karlin

"Je suis en train d'écrire un livre sur la permaculture artistique, c'est à dire l'application des principes philosophiques de la permaculture au domaine artistique.

Je suis sous compromis d'achat d'un moulin avec 6 autres artistes pour en faire un lieu d'échange artistique à taille humaine, autour des valeurs de la permaculture : prendre soin de la Terre, du Vivant, de l'Homme, et dans une dynamique écologique de décroissance"

Maud Le Bourdonnec

"[...] Cette période de confinement va me permettre de créer un système financier solide et écologie pour que je puisse continuer à me développer en tant qu’artiste (investissement de matériel de son pour ses enregistrements à domicile; système de financement participatif via la plateforme Patreon)."

Margot Sergent