Témoignages de signataires 

Cette page rassemble des témoignages que les signataires de la tribune nous ont adressés. 

Ils∙elles y présentent leur engagement au quotidien, personnel ou professionnel, que ce soit pour eux∙elles-mêmes ou pour leur collectif, les décisions qu'ils∙elles envisagent de prendre dans le futur, et enfin les idées à plus grande échelle qu'ils∙elles souhaiteraient voir se réaliser. 

Nous espérons que ces idées vous inspireront !

"Un monde d’après… humaniste, donc écologique et social. Comment fait-on cela sur un plan individuel ? Bien sûr les grands changements ne peuvent pas se faire sans l’appui de l'état et du politique, mais nous pouvons déjà faire beaucoup nous-même.

[...] En tant que personne publique de par notre fonction, notre rôle implique des responsabilités non pas seulement individuelles mais aussi collectives, face à la crise écologique que nous vivons. 

Elsa Dreisig

"J’ai abordé avec la Direction de mon orchestre la question de l'écologie (notamment après une tournée lointaine l'an dernier, inintéressante artistiquement selon de nombreux musiciens et désastreuse du point de vue du bilan carbone, bilan carbone calculé le plus fidèlement possible par un musicien et qui, vous vous en doutez, n'a pas manqué de faire réagir, notamment par exemple le syndicat

Un musicien d'orchestre

"Création et diffusion de contes pour les enfants et les familles sur le thème de l'écologie. Diffusions artistiques uniquement sur un secteur géographique local

Soazig Le Huec

"L’urgence climatique est aujourd’hui telle qu’on ne peut plus rester inactif, surtout s’il s’agit d’organiser les répétitions et les tournées d’un orchestre de 100 musiciens.

Depuis deux ans, à l’Orchestre Français des Jeunes, qui devrait prochainement adopter une charte éco-responsable, nous avons mis en place des dispositions qui permettent de réduire l’empreinte carbone et le gaspillage

Pierre Barrois

"Favoriser l’engagement d’artistes nationaux ou de pays proches. Renoncer aux tournées à l’autre bout du monde et favoriser l’ancrage artistique local.

William Blank

"Je ne souhaite plus continuer mon métier sur la même base qu’avant. La course vaine vers la reconnaissance de l’industrie de la musique ne fait plus de sens. Je refuse de perdre la joie et le plaisir liées à la musique. Cette période de confinement va me permettre de créer un système financier solide et écologique pour que je puisse continuer à me développer en tant qu’artiste (investissement de matériel de son pour ses enregistrements à domicile système de financement participatif via la plateforme Patreon)." 

Margot Sergent

"Vivant et menant mes activités artistiques depuis toujours entre territoires ruraux et zones urbaines, je suis convaincue que nous avons, artistes et musiciens, chacune et chacun, responsabilité d'agir là où nous sommes, en donnant du sens à nos actions artistiques et pédagogiques.

Auprès des élèves, je n'hésite pas à aborder avec eux ces questions et à les encourager à apporter leur propre réponse à travers des projets auxquels ils croient. A ceux qui s'orientent vers un avenir professionnel, une vision responsable et solidaire du métier peut être partagée avec eux par l'échange.

Nathalie Yéramian

"Dans notre établissement, l'institut supérieur des arts de Toulouse, qui regroupe musiciens, danseurs et plasticiens, nous sensibilisons nos étudiants aux questions environnementales et sociales et menons des réflexions communes, direction, enseignants, étudiants. Beaucoup d'entre eux sont impliqués dans des actions écologiques et solidaires.

Nadine Laurens

"[...]Je pense qu'il est très important de contribuer à un nouvel imaginaire. Créer de nouveaux répertoires, de nouveaux rapports au public, qui intègrent nos questionnement. En tant qu'auteur-compositrice je cherche des formes de chanson qui alimenteraient la partie la plus résiliente de notre bulbe cérébral... Je me suis inspirée pour ça du maloya, musique post-traumatique, née pendant l'esclavage et la colonisation. L'art est résilient par essence, à condition qu'on ne le réduise pas à une matière scolaire ou académique, mais qu'on s'en serve concrètement comme d'un révélateur de nos interrogations présentes. Et vive le Collectif aussi pour se questionner!"

Marjolaine Karlin

"Faire que la réduction effective des gaz à effet de serre se traduise dans nos gestes les plus quotidiens.

Gilles Guenard

"Musicien (intermittent puis membre d'un orchestre permanent) depuis 2006, je m'inscris dans cette démarche par exemple en n'ayant pas de voiture, car les transports en commun et le covoiturage couvrent tous mes besoins. Je signe cette tribune en souhaitant, idée parmi d'autres, que les responsables nous écoutent et mettent particulièrement l'accent sur les concerts en milieu carcéral, hospitalier, et milieu scolaire défavorisé où l'on a vu beaucoup trop de désengagement ces dernières années."

Benoît Levesque

"Recyclage des papiers, cartons et livres et partitions dans ma vie professionnelle, pas de voiture personnelle, utilisation des transports en commun, peu de voyages en avion (10 vols longue distance depuis ma naissance, j'ai 60 ans). Habite la même maison bien isolée, n'a pas de maison secondaire. Respect de la diversité de la nature. Pas d'utilisation d'insecticide, fongicides, engrais chimiques.

Vinca Hyolle

"Dans ma vie professionnelle, j’essaie le plus possible d’éliminer les transports les plus polluant, de participer à des actions culturelles. Cela nécessite notamment un changement de mon imaginaire personnel (ne plus rêver de tournée internationale mais plutôt de relation au public moins consumériste et plus sur la durée). J’aimerais pouvoir trouver encore plus de localité dans la culture en France et moins de monopole parisien. Je crois que cela passe par l’engagement et les rêves de chacun mais aussi et surtout par la favorisation de lieux culturels forts de propositions et ancrés dans leur territoire

Jérémie Arcache

"[...]Je fais partie d'une association engagée pour le climat dont l’un des projets était de planter des arbres. Nous étions en lien avec une école et de nombreuses actions autour de ce sujet étaient en train de prendre forme, mais sont restées en suspens dans la situation actuelle. Malgré cette pause, les échanges autour de ce sujet étaient très riches, avec une multitude d’activités intéressantes autour de la nature et de la musique (confections de petits instruments en matériaux recyclés, imitation des bruits de la nature, percussions avec des éléments naturels, chants, concerts thématiques) pour sensibiliser les enfants et leur parents au climat à travers l'art. "

Noémie Roubieu

"Pour moi, c’est toute une économie des représentations qui est à questionner. Nous, les artistes, fonctionnons encore avec la vision qu’une carrière réussie c’est une carrière internationale, qui se complaît dans la suractivité. Cette suractivité n’est pas nocive culturellement, mais elle l’est écologiquement. Il y a plein de fonctionnements à repenser. Moi, je ne peux plus avoir ce réflexe de dire oui à un projet qui implique que je prenne l’avion.

Nicolas Simon

"Je suis en train d'écrire un livre sur la permaculture artistique, c'est à dire l'application des principes philosophiques de la permaculture au domaine artistique.

Je suis sous compromis d'achat d'un moulin avec 6 autres artistes pour en faire un lieu d'échange artistique à taille humaine, autour des valeurs de la permaculture : prendre soin de la Terre, du Vivant, de l'Homme, et dans une dynamique écologique de décroissance"

Maud Le Bourdonnec

"Nous refusons l'avion quand la possibilité du train existe. Nous tentons d'organiser le maximum de concerts sur place pour limiter les déplacements. À titre personnel, je pense à une relocalisation des musiciens avec un investissement plus important dans les régions et moins de déplacements internationaux.

Quatuor Zaïde - Charlotte Maclet

"La co-création d'une commission écologique (Green team) nous à permis à l'ONL d'aborder certains des sujets évoqués dans cette tribune avec la direction et également de commencer à réduire notre impact écologique au sein de l'auditorium. Plus le nombre de personnes se sentant concernés par notre impact écologique et conscients de la nécessité de le réduire sera important, plus facile seront les négociations avec les programmateurs, artistes, directions, etc. C'est pourquoi cette pétition est très importante, merci ! L'élaboration d'une charte commune à tous les orchestres permanent me paraît également cruciale."

 

Nans Moreau

"Inquiète depuis plusieurs années sur l’avenir de notre société et de notre planète, j’ai choisi de réduire mon activité de musicienne d’orchestre aux seuls projets qui ont du sens pour moi et de développer mon activité de professeur de basson afin de transmettre les valeurs que porte la pratique de la musique. Travailler moins pour gagner moins (et donc polluer moins indirectement)

Louise Lapierre

"Nous venons de créer une association afin de lier pratique musicale, pratique de méditation et ateliers de philosophie pour enfants et adolescents, et actions écologiques. Chaque atelier ou cycle d'ateliers verra une partie versée pour une association de reforestation afin de venir planter au coeur des villes une mini-forêt.

Christophe Mingasson

"Chorégraphe notamment, j'ai toujours créé et joué mes spectacles avec des musiciens "live" pour les ballets des Cie L'Eclat des Muses et Cie Belles Dances : je me sens très proche des musiciens en général. Il me semble important d'affirmer ces idées, essentielles pour une éthique minimum, une pratique économique, Je défends ces principes énoncés avec ardeur. Nous sommes nombreux, en résistance par notre présence et notre créativité. Nous voulons un monde sensé et que l'utopie apparente qui nous anime devienne une certaine réalité.

Christine Bayle

"A l'intérieur de Radio France, mes efforts portent sur le recyclage, les économies d'électricité (éteindre l'ordinateur en quittant le bureau). J'ai limité les impressions papier de documents. Gourde personnelle qui remplace les bouteilles d'eau...

La radio a une politique assez incohérente à ce niveau. Parfois des poussées de conscience, qui ne vont pas jusqu'au bout. On pourrait aller beaucoup plus loin en supprimant par exemple les distributeurs de bouteilles en plastique, en imprimant beaucoup moins..."

Anne Montaron

"Privilégier et encourager mon entourage à utiliser des accessoires réutilisables ou recyclables dans les catering par exemple. Instaurer « réellement » le tri des déchets dans le conservatoire où je travaille. Sensibiliser les enfants a l'écologie (imprimer sur verso de feuilles déjà utilisées par exemple)"

Lola Lacomme

"Ce que je fais :

- concerts engagés pour le climat

- discussions et sensibilisation sur la situation avec mes élèves et collègues

Ce que j'envisage :

- Apporter du soutien et de la visibilité via des concerts / des vidéos aux acteurs politiques du territoire où j'enseigne, (et d'autres territoires) qui soutiennent et luttent pour des décisions écologiques, responsables, durables et sociales."

Lou Dufoix

"Trop souvent amené à voyager loin pour de très courtes tournées, je me rends compte que cette manière de faire n’est pas viable. Je remarque aussi souvent que les caterings sont source de nombreux déchets, la nourriture est industrielle et personne n’a l’air de se soucier des saisons...

Peut être qu’une « charte » des salles de concerts, orchestres, ensembles sur la manière de se transporter, de se nourrir en tournée pourrait être signée, avec un label à la clé…"

Rémi Delangle

"Dans ma vie professionnelle je privilégie toujours les transports en commun (je n'ai pas pris l'avion depuis plus de 8 ans). J'aimerais beaucoup pouvoir faire des concerts au cours desquels le plus d'argent possible récolté servirait à financer des actions visant à protéger notre planète. À long terme mais dès aujourd'hui, je pense que tout le monde devrait s'impliquer, y compris les grandes institutions, afin de diminuer considérablement nos émissions de gaz carbonique.

Iris Scialom

"       Je suis encore étudiante, et avec des amis nous avons certaines initiatives au sein de notre conservatoire : nous vendons des ecocups en matières végétales et recyclables pour éviter d’utiliser des gobelets jetables en permanence, et nous essayons de réduire nos déchets lors de nos évènements associatifs (nous utilisons de plus en plus le vrac/bio/sans plastique/local).

Nous avons plusieurs projets à plus ou moins long terme, comme développer une bibliothèque participative, distribuer des cendriers de poche…

Anne Muller

"Convaincu du tournant que doit prendre notre société, j’ai choisi de faire évoluer mon quotidien (transports, alimentation, fournisseur d’énergie…).

J’ai également, dans le cadre professionnel, adopté peu à peu les choix suivants :

En tant qu’enseignant :

-sensibilisation des élèves/étudiant.e.s à travers le choix des œuvres et thèmes abordés en cours

Gilles Schuehmacher

"Idées en vrac :

- bloquer la circulation automobile d’une rue/d’un carrefour et jouer une symphonie ou autre pièce suffisamment sonore. L’expérience de l’orchestre debout sur la place de la République à Paris est à généraliser partout et tout le temps.

- concerts en bas d’immeubles, directement, le public y assiste depuis leurs fenêtres, balcons

Léo Brunet

"Je pense que la question écologique n'est pas dissociable de la question capitaliste. Il faudrait changer nos comportements collectifs en profondeur, et dans notre secteur, mettre fin à la logique capitaliste qui oeuvre dans des événements à trop grande échelle et sans cohérence, qui par le biais du principe de consommation vide les pratiques (d'artiste ou de spectateur) de leur sens, et du "savoir pourquoi on est là, pourquoi on fait ça". Il y a des modèles à fuir, à refuser, à transformer (certaines entreprises d’événementiel, certains festivals de grande consommation), dont l'unique vocation pécuniaire est incompatible avec une conscience écologique utile."

Edouard Lhoumeau

"Développement actif d'activités artistiques sur une échelle locale, en lien avec les préoccupations sociétales.

Najar

"Bouteille d'eau parfois ouverte pour 3 gorgées et laissées dans les loges, et gobelets en plastique à la pelle, je pense qu'on peut agir là dessus.

Pour ce qui est des transports, essayer d'être sur de l'énergie verte et sur les choix de logements aussi.. peut-être signer en amont avec des lieux éco-responsables et aussi reverser une partie des recettes de nos concerts à des producteurs locaux... participer au soutien d'un circuit local..

Laure Vovard

"Actions culturelles de territoires, ancrage local, pas de transport d’instrument, petite jauge, petite formation...

Aurore Bucher

"Militante écologiste depuis de longues années [...], je suis attentive à l’utilisation raisonnable et consciente du chauffage, de l’eau, du papier.

Dans les cours [...] je fais passer pas mal de petits messages dans ce sens mais sans discours moralisateur : déconseiller l’usage du portable aux petits ou juste sensibiliser à son mauvais usage, recopier plutôt qu’imprimer quand on fait des recherches, ne pas gâcher inutilement les ressources du quotidien, arrêter l’utilisation de vaisselle jetable lors des goûters de fin d’année, recycler, réutiliser, sensibiliser tout simplement à ce qui nous environne, aux sons d’abord, aux éléments, la respiration, le corps."

Lucie Ferrandon

"En tant que musicologue-médiatrice de la musique, j'ai cœur d'éveiller le public à contempler, à s'émerveiller. Contempler, c'est ralentir. Ralentir, c'est se tourner vers l'essentiel. La beauté d'un morceau, la complicité de musiciens qui jouent ensemble, le supplément d'âme qui relie les auditeurs en train d'écouter avec toute leur attention. Et ce auprès des enfants comme des adultes.  Or, ce que me fait éprouver la musique ressemble à ce que m'offre le contact avec la nature.

Camille Villanove

"Mon experience :
Choix de résider à proximité du conservatoire où j'enseigne afin de m'y rendre à vélo
Engagement dans les projets à vocation sociale du conservatoire (CHAM et dispositifs musicaux dans les milieux défavorisés)
Limitation des photocopies, récupération de papier brouillon, sensibilisation des enfants sur ces éléments concrets
Engagement en tant que violoniste dans des ensembles locaux, réunissant amateurs et professionnels, sans courir les cachets car mon salaire d'enseignante me permet de gagner ma vie 

Perrine Delecour

"Je souhaiterais que la musicologie entame une réflexion sur le modèle des congrès et colloques internationaux au coût économique et environnemental parfois exorbitant : beaucoup d'entre nous sommes appelés régulièrement à franchir des milliers de kilomètres pour présenter une communication d'une demi-heure et échanger entre pairs, ou pour donner une conférence dans une université étrangère. Ce modèle est-il pérenne ? 

Emmanuel Reibel

"Je ne prends pas l’avion sauf pour un projet où le train est impossible et où quelqu’un d’autre sera emmené à ma place si je refuse. Je n’ai pas de voiture et j’encourage les personnes de mon entourage à prendre les mêmes mesures

Laure Zaugg

"En cherchant à proposer une transmission différente de la musique de l’artiste au public [à travers le label Andiamo Productions], une relation peut être plus saine ; cela passe par un assainissement de toutes les étapes (pochette de disque recyclées sans plastique ni emballage, transports, déchets pendant les sessions d’enregistrement, partage  ...). Chaque pas dans ce sens sera aussi un pas vers le respect de la nature, et un pas vers un travail avec elle.

Sylvain Chiesa

"J'ai arrêté de prendre l'avion et donc de partir très loin pour des concerts au bilan carbone catastrophique.
J'ai monté mon association pour proposer des projets pédagogiques et des concerts dans mon département.
Je privilégie les concerts dans ma région et ainsi les employeurs qui y rayonnent.
Je choisis les trains en fonction des horaires de bus pour ne plus me rendre en voiture à la gare la plus proche (110km).
Je suis engagée politiquement dans un parti écologiste social et démocratique.
J'ai repris mes études pour orienter mes activités professionnelles en fonction de toutes ces convictions."

Hélène Richer

"[...] Je compte développer un réseau professionnel dans la région dans laquelle je vis depuis quelques mois, au travers de cours, d’actions pédagogiques, de concerts de proximité et chercher à développer le goût des gens pour la musique tout en leur faisant comprendre que les musiciens locaux ont beaucoup à apporter. 

Thomas Quinquenel